Archive pour la catégorie 'Les livres de cuisine'

Quiche Ă  la courge butternut

Mercredi 21 novembre 2007

Une tarte salĂ©e inspirĂ©e d’une recette du livre Quiches, cakes & compagnie*. J’ai utilisĂ© de la courge butternut Ă  la place du potiron car elle est moins aqueuse et je l’ai laissĂ© Ă©goutter pour enlever le maximum de jus.

Ce qu’il vous faut:

1 rouleau de pâte brisée déjà abaissée
750 Ă  800 g de courge butternut
3 oeufs
1,5 dl de demi-crème ou de crème
150 g de gruyère rapé
1 morceau de beurre
quelques brins de coriandre fraîche
sel, poivre, muscade.

Comment s’y prendre?

PrĂ©parer la courge, si possible en avance pour avoir le temps de bien la laisser Ă©goutter. Peler la courge butternut Ă  l’Ă©plucheur ou au couteau, Ă´ter les graines, la couper en dĂ©s et peser 750 grammes.
Faire fondre un morceau de beurre dans une poĂŞle, y faire revenir les morceaux de courges, ajouter un peu d’eau pour Ă©viter que cela n’attache. Saler, poivrer. Lorsque la courge est cuite, au bout de 15 Ă  20 minutes, la verser dans un saladier et la rĂ©duire en purĂ©e. La transvaser dans une passoire posĂ©e sur un saladier et laisser Ă©goutter une heure ou plus.
Sur le moment, préchauffer le four à 220°.
Foncer une plaque avec la pâte brisée (laisser le papier sulfurisé ou graisser la plaque), piquer le fond à la fourchette.
Dans un saladier, mélanger les oeufs, la crème, le gruyère. Mélanger puis ajouter la purée de butternut. Bien mélanger. Saler, poivrer, râper un peu de muscade et ajouter la coriandre ciselée (si on aime, sinon laissez tomber). Mélanger encore.
Verser dans le moule et laisser cuire 35 Ă  40 minutes.

* Quiches, cakes & compagnie, Ilona Chovancova, aux éditions Marabout, 2001.


VeillĂ©e gourmande autour des lĂ©gumes d’autrefois

Vendredi 15 décembre 2006

Demandez Ă  vos parents ou Ă  vos grands-parents s’ils aiment les topinambours. Il y a de bonnes chances qu’ils grimacent, encore dĂ©goĂ»tĂ©s: “Ah non, les topinambours, plus jamais! On en a trop mangĂ© pendant la guerre…”
Mais la guerre est loin dĂ©sormais, les mauvais souvenirs gustatifs s’effacent et depuis quelques annĂ©es, les lĂ©gumes d’autrefois sortent des oubliettes pour pavaner sur les marchĂ©s. Revoici le topinambour, le rutabaga, le panais, la racine de persil, le cerfeuil tubĂ©reux, les crosnes, la betterave, la carotte violette, la pomme de terre vitelotte…. Pas facile de les reconnaĂ®tre, encore moins de savoir quoi en faire.

La semaine dernière Ă  Confignon, dans la campagne genevoise, Françoise Lachavanne a ouvert sa Table (d’hĂ´te) Ă  Marie-ThĂ©rèse DelĂ©traz, maraĂ®chère Ă  Saconnex-d’Arve, pour une soirĂ©e explication-dĂ©gustation “Ă  la redĂ©couverte des lĂ©gumes anciens”. La première a divinement cuisinĂ© racines et tubercules; la seconde racontĂ© comment elle s’en est entichĂ©.

Au dĂ©part, le hasard. Dans les annĂ©es 80, des amis quittent une maison et lui donnent une plante qui pousse au fond du jardin et fait de drĂ´les de tubercules. Ils se rĂ©vèlent ĂŞtre des topinambours. Leur goĂ»t rappelle celui de l’artichaut et ils font un tabac au marchĂ© de Rive oĂą Marie-ThĂ©rèse DelĂ©traz tient son stand. Seules les clientes les plus âgĂ©es font un peu la grimace.

Suivent les rutabagas. J’ai identifiĂ© cette drĂ´le de chose en forme de boule l’autre soir pour la première fois. Ils sont comme ça:

Puis le cardon ou plutĂ´t “le cardon Ă©pineux de Plainpalais”, spĂ©cialitĂ© genevoise rĂ©putĂ©e et seul lĂ©gume Ă  dĂ©tenir une AOC.

Ensuite, une autre amie de Marie-ThĂ©rèse DelĂ©traz l’emmène dans la maison de son père oĂą la maraĂ®chère dĂ©couvre des pommes de terre noires Ă  l’extĂ©rieure, et violettes Ă  l’intĂ©rieur - les vitelottes -, qui permettent de faire des purĂ©es mauves ou des chips psychĂ©dĂ©liques (elles sont Ă  droite donc; Ă  gauche, ce sont des topinambours).

Le panais est le prochain sur la liste. Le pauvre, il a triste rĂ©putation. Vous connaissez l’insulte, simple mais efficace: “Quel panais!” En fait, cette racine, qui ressemble Ă  une grosse carotte blanchâtre et conique (comme sur la photo ci-dessous), a un goĂ»t assez fin et discret. Il rappelle lĂ©gèrement le cĂ©leri, mais beaucoup moins que la racine de persil. Cette dernière lui ressemble cĂ´tĂ© look et cĂ´tĂ© couleur, mais son goĂ»t est beaucoup plus marquĂ©. La racine de persil est donc excellente coupĂ©e en petits dĂ©s pour relever un potage.

Après cela, la maraîchère a pensé aux carottes, les jaunes du Doubs. Puis les violettes, qui doivent être cuisinées en solo car elles déteignent terriblement à la cuisson et font, crues, de magnifiques dips et salades, psychédéliques aussi.

Après? Ce fut LA dĂ©couverte, grâce Ă  un voisin qui a ramenĂ© du Portugal de petites choses brunâtres, un peu coniques et parfaitement inconnues. Les mystĂ©rieuses racines au goĂ»t lĂ©gèrement sucrĂ© de châtaigne et de pomme de terre se rĂ©vèlent ĂŞtre du cerfeuil tubĂ©reux (ou racine de cerfeuil), une “merveille de la nature”, que l’on peut consommer aussi bien crue (en carpaccio, par exemple) que cuite (en veloutĂ©, en tranches sautĂ©es, en purĂ©e mĂ©langĂ©e avec de la pomme de terre).

Les derniers nĂ©s de cette grande famille, ce sont les crosnes (prononcez “crĂ´nes”). De drĂ´les de trucs venus de Chine et du Japon qui font penser Ă  de gros vers blancs - surtout si on les jette nĂ©gligemment dans une salade d’Halloween- et Ă©clatent sous la dent.

Après les présentations, le menu et quelques recettes.
Elles ont Ă©tĂ© créées et rĂ©alisĂ©es spontanĂ©ment par Françoise Lachavanne, qui a passĂ© plusieurs jours dans sa cuisine Ă  transformer les racines d’autrefois en mets savoureux. Pour l’instant, ni les quantitĂ©s, ni les temps de cuisson ne sont très prĂ©cis, mais cela donne dĂ©jĂ  des idĂ©es.

Dips de carottes aux trois couleurs

Rien de plus simple. Il suffit de trouver des carottes violettes, jaune et oranges, de les couper en morceaux et de les servir pour l’apĂ©ro avec une petite sauce au yogourt ou au sĂ©rĂ© (sĂ©rĂ© maigre, ketchup ou concentrĂ© de tomate pour le rappel de couleur, sel, poivre, filet de citron, pointe de couteau de moutarde, par exemple).

Soupe de betterave rouge parfumée au raifort

Peler les betteraves, les couper en morceaux et les faire cuire dans du bouillon de lĂ©gumes avec une ou deux pommes de terre et un morceau de raifort jusqu’Ă  ce qu’elles soient tendres (cela peut prendre jusqu’Ă  45 minutes). Mixer, ajouter de la crème et un filet de jus de citron, saler. La couleur est magnifique.

Velouté de cerfeuil tubéreux

Faire cuire les racines coupĂ©es en morceaux dans du bouillon de lĂ©gumes (on peut Ă©ventuellement laisser la peau et couper seulement le haut de la racine: la soupe aura davantage le goĂ»t de châtaigne ou on peut les Ă©plucher si on aime pas les petits morceaux de peau dans le potage) avec quelques patates Ă©galement coupĂ©es en morceaux et Ă©pluchĂ©es. Cuire entre 20 et 30 minutes jusqu’Ă  ce que les lĂ©gumes soient tendres. Passer au mixer, ajouter du liquide si nĂ©cessaire, de la crème et un filet de jus de citron, saler et poivrer très lĂ©gèrement. Magnifique.

Crosnes poêlés

Pas besoin d’enlever la peau des crosnes. On les fait blanchir deux minutes dans l’eau bouillante. On les sort et on les Ă©goutte puis on les fait revenir Ă  la poĂŞle dans du beurre pendant une dizaine de minutes. Saler, poivrer, ajouter un peu de thym.

Tarte salée à la racine de persil

Foncer un moule Ă  tarte. Peler les racines de persil, les couper en dĂ©s et les cuire Ă  la vapeur ou Ă  l’eau. Egoutter lorsque les lĂ©gumes sont tendres mais pas encore complètement cuits. MĂ©langer 2 oeufs et 1,5 dl de crème dans un saladier, assaisonner de muscade, sel et poivre. Disposer les dĂ©s de racine de persil sur le fond de pâte. Verser le mĂ©lange crème et oeufs. Cuire au four, Ă  220 degrĂ©s, une trentaine de minutes.

Gratin de panais tout simple

Peler les panais, les couper en rondelles. Les disposer dans un plat à gratin, arroser avec de la crème, du sel et du poivre, et hop au four.

Carpaccio de topinambours aux noix et baies roses

Peler les topinambours. Les couper en tranches les plus fines possibles, Ă  la mandoline si on en a une. Disposer les tranches sur un plat, les arroser de vinaigre de noix ou de vinaigre balsamique, d’huile de noix et parsemer de baies de poivre roses concassĂ©es. Un dĂ©lice.

Gâteau au carottes et sirop d’Ă©rable: c’Ă©tait un dĂ©lice, et il me manque l’intĂ©gralitĂ© de la recette….

Epilogue: En racontant ma soirĂ©e “lĂ©gumes d’autrefois” Ă  ma mère, elle m’annonce qu’elle aussi a redĂ©couvert les topinambours. Elle en trouve au marchĂ© près de chez elle et les aime Ă  nouveau, coupĂ©s en rondelles, revenus Ă  la poĂŞle comme des patates. Et moi qui avait gardĂ© le souvenir qu’elle ne voulait plus en entendre parler… Oui, cĂ´tĂ© cuisine, la guerre est oubliĂ©e et les lĂ©gumes anciens sont vraiment top-tendance.

Post-scriptums:

P.S. 1: On trouve l’Ă©tal de Marie-ThĂ©rèse DelĂ©traz au marchĂ© de Rive, le mercredi et le samedi matin; le jeudi au marchĂ© de Plan-Les-Ouates. On peut aller faire ses courses Ă  la ferme le mercredi après-midi, au 234 A, route de Saconnex-d’Arve, Ă  Plan-Les-Ouates.

P.S. 2: Le magazine Saveurs de dĂ©cembre consacre un dossier aux lĂ©gumes oubliĂ©s avec un who’s who et des recettes: poisson grillĂ© au curry et purĂ©e de rutabaga, ragoĂ»t aux lĂ©gumes anciens…

P.S. 3: Je viens de dĂ©couvrir chez Payot, un joli p’tit livre avec des recettes faciles: “LĂ©gumes oubliĂ©s, je vous aime….”, par BĂ©atrice Vigot-LagandrĂ©, Editions Le Sureau, 2006. On y trouve par exemple des topinambours tièdes en salade, des soupes (panais, courgettes, pommes de terre, poireaux, par exemple ou topinambours-pommes de terre), des quiches, des gratins ou des saint-jacques poĂŞlĂ©es avec leur purĂ©e de vitelotte.

P.S. 4: Il y aussi quelques recettes sur le blog d’Estèbe qui est fan de cerfeuil tubĂ©reux et connaĂ®t bien Dame DelĂ©traz, comme il dit…

Recettes siciliennes en primeur

Lundi 29 mai 2006

Lu, dans Le Temps de vendredi dernier, un article qui m’a donnĂ© envie de me lever aux aurores un samedi matin pour aller faire mon marchĂ© Ă  Lausanne, Ă  la Riponne. Faire mon marchĂ© ET acheter un bouquin fait maison par Angela Persano, maraĂ®chère sicilienne qui, Ă  force de vanter ses produits et ses lĂ©gumes inconnus aux Lausannois, a rĂ©uni conseils et recettes dans un ouvrages: “Alla Casalinga siciliana. La cuisine de mon enfance”. En vente sur son Ă©tal au milieu des salades, des asperges sauvages, artichauts violets et autres “cima di rapa”. A propos de cette dernière, je dois avouer que je ne sais absolument pas comment la prĂ©parer….


Dialoguez avec les maraîchers

Jeudi 11 mai 2006

Au marchĂ© bio de Saint-Jean, Ă  Genève (si j’en parle souvent, c’est qu’il est Ă  cĂ´tĂ© de chez moi…), j’ai rencontrĂ© un jeune homme, jeans et long T-shirt, appareil photo autour du cou. Il s’appelle Quentin Chenevard, Ă©tudie la communication visuelle Ă  la Haute Ă©cole d’Arts AppliquĂ©s. Pour son travail de diplĂ´me, il rĂ©dige un livre de cuisine, avec Ă  la fois des recettes, des photos, des histoires et des infos sur les marchĂ©s et les produits que l’on y trouve. Ses parents sont maraĂ®chers Ă  Meinier, ils font des fruits, des lĂ©gumes, des confitures et de la viande. Son message: inciter les gens Ă  dialoguer davantage avec les maraĂ®chers et Ă  s’informer auprès d’eux sur les produits de saison. Quant au chapitre culinaire, il a mis au point des recettes « gĂ©nĂ©riques ». Je m’explique: son idĂ©e est de donner une sorte de recette de base, par exemple celle du gratin, et de laisser ensuite le lecteur libre d’utiliser les lĂ©gumes Ă  disposition sur le moment pour finir la recette Ă  sa guise. Il a promis de m’envoyer son texte en pdf…Affaire Ă  suivre donc.