Archive pour la catégorie 'Savoureuses rencontres'

Les carottes fondantes de Marie-Jo

Samedi 15 novembre 2008

Vous connaissez la recette qui fait aimer les carottes même à ceux qui ne les apprécient guère?

C’est une recette très simple et très goĂ»teuse de Marie-Jo Raboud, la truculente patronne de l’Auberge de Gy, une adresse Ă  ne pas manquer dans la campagne genevoise. Marie-Jo apprĂŞte formidablement bien les produits de saison, souvent locaux, dans une cuisine qui rappelle les repas du dimanche que mitonnaient une grand-mère ou une grand-tante cordons-bleus quand on Ă©tait gamin.

La carte change et s’adapte au grĂ© des arrivages et des envies du moment de la cheffe. Pendant qu’elle officie aux fourneaux, son mari est en salle et conseille d’excellents vins, genevois notamment, comme ceux du domaine voisin, La Cave de la Chena.

Pour une tablĂ©e, on peut convenir avec Marie-Jo d’un menu qu’elle fera sur mesure. Une belle volaille, un tendre et juteux rĂ´ti de veau au four, un gigot savoureux avec un gratin de pommes de terre.

Avec la viande, en saison, elle sert volontiers des carottes fondantes, dont voici sa recette:

“Peler les carottes et les couper en biseau, car c’est avec cette dĂ©coupe que leur goĂ»t est le meilleurs. Mettre un gros morceau de beurre dans une poĂŞle ou une sauteuse et le faire fondre, faire revenir les carottes, ajouter une cuillère Ă  soupe environ de miel neutre (du miel d’acacias ou d’orange, par exemple), ajouter quelques feuilles de verveine fraĂ®che, de la fleur de sel, une bonne louche d’eau. Couvrir et cuire jusqu’Ă  ce que les carottes soient tendres. DĂ©couvrir en fin de cuisson pour faire rĂ©duire la sauce, qui va glacer les lĂ©gumes.

Variante: à la place de la verveine, on peut ajouter un peu de gingembre, ou une branche de fenouil, ou un peu de thym citron ou encore quelques graines de cumin.”

Auberge de Gy, 134 Rte de Gy, 1251 Gy, tél.: 022 759 21 22. Il vaut mieux réserver car la salle est relativement petite (35 couverts) et Marie-Jo seule aux fourneaux.

La rencontre des bloggeuses et bloggeurs culinaires romands se mitonne

Vendredi 27 avril 2007

A l’initiative de San, du blog Ă  l’accent très genevo-valaisan Dans la cuisine des frangines, une rencontre des bloggeuses et bloggeurs culinaires romand(e) aura lieu tout prochainement Ă  Genève. D’après mes sources, ce sera plutĂ´t du cĂ´tĂ© du mois de juin, dans un parc, sous forme de pic-nique canadien. Mais la date reste Ă  confirmer.

Quand on dit romand, on est Ă©videmment d’accord d’Ă©largir le cercle, si la rencontre intĂ©resse des bloggeuses et bloggeurs venant d’un peu plus loin. Et si des lecteurs sont intĂ©ressĂ©s, ils sont les bienvenus Ă©galement.

Toutes les infos sont ici: clic.

La liste des blogs romands recensĂ©s aussi. Si vous en connaissez d’autres ou si vous en animez d’autres, n’hĂ©sitez pas Ă  le dire.

Merci San pour cette initiative. Ce sera un grand moment de rencontrer ceux dont on connaĂ®t les goĂ»ts culinaires par le menu, mais pas du tout le visage… Et puis, on va partager et gouter plein de bonnes choses, Ă©videmment. Me rĂ©jouis hautement.

A + donc.

Nouveaux horizons moléculaires

Vendredi 22 décembre 2006

Mardi, j’ai Ă©tĂ© manger chez Denis Martin, Ă  Vevey, avec mon collègue journaliste scientifique Olivier Dessibourg. Il s’agissait de prĂ©parer une double page de NoĂ«l, pour Le Temps, avec un menu proposĂ© par le chef (18 sur 20 au Gault&Millau). Moins connu Ă  l’international que le catalan Ferran AdriĂ  (El Bulli) ou le britannique Heston Blumenthal (The Fat Duck) - ses amis -, Denis Martin est le plus cĂ©lèbre reprĂ©sentant en Suisse de la cuisine molĂ©culaire. J’avoue que c’Ă©tait la première fois que j’allais dans un gasto dĂ©diĂ© spĂ©cifiquement Ă  ce courant et ce fut un grand moment. Denis Martin bouillonne d’inventivitĂ©. Il est le type de personnalitĂ© que l’on verrait invitĂ©e dans un cours de management sur la crĂ©ativitĂ© et l’innovation.

Sa cuisine est ludique, gaie, mais aussi pleine de saveurs et d’accords inĂ©dits très intĂ©ressants (purĂ©e de pomme de terre ratte-pastis, par exemple. Denis Martin met le pastis en bille, mais Ă  mon avis, pour faire simple Ă  la maison, quelques gouttes du breuvage provencal d’Henri Bardouin sur une purĂ©e doivent très bien le faire).
Les cuissons sont parfaites. Denis Martin est un adepte des cuissons extrĂŞmement courtes, Ă  l’asiatique (il cuit par exemple ses gambas en les plongeant deux secondes dans l’eau bouillante), et il utilise beaucoup le micro-ondes (autre surprise pour moi qui ai un rapport assez lointain avec cet engin dont je me mĂ©fie toujours un peu sans vraiment savoir pourquoi).

Le menu alterne la surprise, la flamboyance et le spectaculaire (shampoings mousseux, volutes d’azote liquide sur des cigares aux Ă©pices) avec des mets oĂą le goĂ»t prime sur le visuel: les gambas au gingembre, cacahuètes et huile de coriandre, la Saint-Jacques au yaourt et camomille, la langoustine au lait de livèche et kafir.

Il nous a donnĂ© ses recettes de thon au chocolat blanc et piments thaĂŻ, d’Ă©ponge de terre, de shampoing citrique Ă  l’orgeat et de son pigeon voyageur. C’est la minute d’auto-pub: on peut toutes les lire ici, ainsi que le volet scientifique. Nous avons en effet partagĂ© le repas avec Marc Heyraud, professeur associĂ© Ă  l’UniversitĂ© de Neuchâtel, proche du physico-chimiste français HervĂ© This, et crĂ©ateur d’une formation continue en gastronomie molĂ©culaire. Il a pu nous expliquer les coulisses molĂ©culaires des plats et c’est passionnant.
On sort aussi de chez Denis Martin avec plein d’idĂ©es Ă  tester. Par exemple, son jaune d’oeuf Ă  -196 degrĂ©s et cigare aux Ă©pices. Je vais m’en inspirer pour essayer de faire un oeuf cocotte cuit Ă  basse tempĂ©rature (65 degrĂ©s) avec des mouillettes de pain d’Ă©pice grillĂ©es. Je teste et si ça fonctionne la recette suivra.


VeillĂ©e gourmande autour des lĂ©gumes d’autrefois

Vendredi 15 décembre 2006

Demandez Ă  vos parents ou Ă  vos grands-parents s’ils aiment les topinambours. Il y a de bonnes chances qu’ils grimacent, encore dĂ©goĂ»tĂ©s: “Ah non, les topinambours, plus jamais! On en a trop mangĂ© pendant la guerre…”
Mais la guerre est loin dĂ©sormais, les mauvais souvenirs gustatifs s’effacent et depuis quelques annĂ©es, les lĂ©gumes d’autrefois sortent des oubliettes pour pavaner sur les marchĂ©s. Revoici le topinambour, le rutabaga, le panais, la racine de persil, le cerfeuil tubĂ©reux, les crosnes, la betterave, la carotte violette, la pomme de terre vitelotte…. Pas facile de les reconnaĂ®tre, encore moins de savoir quoi en faire.

La semaine dernière Ă  Confignon, dans la campagne genevoise, Françoise Lachavanne a ouvert sa Table (d’hĂ´te) Ă  Marie-ThĂ©rèse DelĂ©traz, maraĂ®chère Ă  Saconnex-d’Arve, pour une soirĂ©e explication-dĂ©gustation “Ă  la redĂ©couverte des lĂ©gumes anciens”. La première a divinement cuisinĂ© racines et tubercules; la seconde racontĂ© comment elle s’en est entichĂ©.

Au dĂ©part, le hasard. Dans les annĂ©es 80, des amis quittent une maison et lui donnent une plante qui pousse au fond du jardin et fait de drĂ´les de tubercules. Ils se rĂ©vèlent ĂŞtre des topinambours. Leur goĂ»t rappelle celui de l’artichaut et ils font un tabac au marchĂ© de Rive oĂą Marie-ThĂ©rèse DelĂ©traz tient son stand. Seules les clientes les plus âgĂ©es font un peu la grimace.

Suivent les rutabagas. J’ai identifiĂ© cette drĂ´le de chose en forme de boule l’autre soir pour la première fois. Ils sont comme ça:

Puis le cardon ou plutĂ´t “le cardon Ă©pineux de Plainpalais”, spĂ©cialitĂ© genevoise rĂ©putĂ©e et seul lĂ©gume Ă  dĂ©tenir une AOC.

Ensuite, une autre amie de Marie-ThĂ©rèse DelĂ©traz l’emmène dans la maison de son père oĂą la maraĂ®chère dĂ©couvre des pommes de terre noires Ă  l’extĂ©rieure, et violettes Ă  l’intĂ©rieur - les vitelottes -, qui permettent de faire des purĂ©es mauves ou des chips psychĂ©dĂ©liques (elles sont Ă  droite donc; Ă  gauche, ce sont des topinambours).

Le panais est le prochain sur la liste. Le pauvre, il a triste rĂ©putation. Vous connaissez l’insulte, simple mais efficace: “Quel panais!” En fait, cette racine, qui ressemble Ă  une grosse carotte blanchâtre et conique (comme sur la photo ci-dessous), a un goĂ»t assez fin et discret. Il rappelle lĂ©gèrement le cĂ©leri, mais beaucoup moins que la racine de persil. Cette dernière lui ressemble cĂ´tĂ© look et cĂ´tĂ© couleur, mais son goĂ»t est beaucoup plus marquĂ©. La racine de persil est donc excellente coupĂ©e en petits dĂ©s pour relever un potage.

Après cela, la maraîchère a pensé aux carottes, les jaunes du Doubs. Puis les violettes, qui doivent être cuisinées en solo car elles déteignent terriblement à la cuisson et font, crues, de magnifiques dips et salades, psychédéliques aussi.

Après? Ce fut LA dĂ©couverte, grâce Ă  un voisin qui a ramenĂ© du Portugal de petites choses brunâtres, un peu coniques et parfaitement inconnues. Les mystĂ©rieuses racines au goĂ»t lĂ©gèrement sucrĂ© de châtaigne et de pomme de terre se rĂ©vèlent ĂŞtre du cerfeuil tubĂ©reux (ou racine de cerfeuil), une “merveille de la nature”, que l’on peut consommer aussi bien crue (en carpaccio, par exemple) que cuite (en veloutĂ©, en tranches sautĂ©es, en purĂ©e mĂ©langĂ©e avec de la pomme de terre).

Les derniers nĂ©s de cette grande famille, ce sont les crosnes (prononcez “crĂ´nes”). De drĂ´les de trucs venus de Chine et du Japon qui font penser Ă  de gros vers blancs - surtout si on les jette nĂ©gligemment dans une salade d’Halloween- et Ă©clatent sous la dent.

Après les présentations, le menu et quelques recettes.
Elles ont Ă©tĂ© créées et rĂ©alisĂ©es spontanĂ©ment par Françoise Lachavanne, qui a passĂ© plusieurs jours dans sa cuisine Ă  transformer les racines d’autrefois en mets savoureux. Pour l’instant, ni les quantitĂ©s, ni les temps de cuisson ne sont très prĂ©cis, mais cela donne dĂ©jĂ  des idĂ©es.

Dips de carottes aux trois couleurs

Rien de plus simple. Il suffit de trouver des carottes violettes, jaune et oranges, de les couper en morceaux et de les servir pour l’apĂ©ro avec une petite sauce au yogourt ou au sĂ©rĂ© (sĂ©rĂ© maigre, ketchup ou concentrĂ© de tomate pour le rappel de couleur, sel, poivre, filet de citron, pointe de couteau de moutarde, par exemple).

Soupe de betterave rouge parfumée au raifort

Peler les betteraves, les couper en morceaux et les faire cuire dans du bouillon de lĂ©gumes avec une ou deux pommes de terre et un morceau de raifort jusqu’Ă  ce qu’elles soient tendres (cela peut prendre jusqu’Ă  45 minutes). Mixer, ajouter de la crème et un filet de jus de citron, saler. La couleur est magnifique.

Velouté de cerfeuil tubéreux

Faire cuire les racines coupĂ©es en morceaux dans du bouillon de lĂ©gumes (on peut Ă©ventuellement laisser la peau et couper seulement le haut de la racine: la soupe aura davantage le goĂ»t de châtaigne ou on peut les Ă©plucher si on aime pas les petits morceaux de peau dans le potage) avec quelques patates Ă©galement coupĂ©es en morceaux et Ă©pluchĂ©es. Cuire entre 20 et 30 minutes jusqu’Ă  ce que les lĂ©gumes soient tendres. Passer au mixer, ajouter du liquide si nĂ©cessaire, de la crème et un filet de jus de citron, saler et poivrer très lĂ©gèrement. Magnifique.

Crosnes poêlés

Pas besoin d’enlever la peau des crosnes. On les fait blanchir deux minutes dans l’eau bouillante. On les sort et on les Ă©goutte puis on les fait revenir Ă  la poĂŞle dans du beurre pendant une dizaine de minutes. Saler, poivrer, ajouter un peu de thym.

Tarte salée à la racine de persil

Foncer un moule Ă  tarte. Peler les racines de persil, les couper en dĂ©s et les cuire Ă  la vapeur ou Ă  l’eau. Egoutter lorsque les lĂ©gumes sont tendres mais pas encore complètement cuits. MĂ©langer 2 oeufs et 1,5 dl de crème dans un saladier, assaisonner de muscade, sel et poivre. Disposer les dĂ©s de racine de persil sur le fond de pâte. Verser le mĂ©lange crème et oeufs. Cuire au four, Ă  220 degrĂ©s, une trentaine de minutes.

Gratin de panais tout simple

Peler les panais, les couper en rondelles. Les disposer dans un plat à gratin, arroser avec de la crème, du sel et du poivre, et hop au four.

Carpaccio de topinambours aux noix et baies roses

Peler les topinambours. Les couper en tranches les plus fines possibles, Ă  la mandoline si on en a une. Disposer les tranches sur un plat, les arroser de vinaigre de noix ou de vinaigre balsamique, d’huile de noix et parsemer de baies de poivre roses concassĂ©es. Un dĂ©lice.

Gâteau au carottes et sirop d’Ă©rable: c’Ă©tait un dĂ©lice, et il me manque l’intĂ©gralitĂ© de la recette….

Epilogue: En racontant ma soirĂ©e “lĂ©gumes d’autrefois” Ă  ma mère, elle m’annonce qu’elle aussi a redĂ©couvert les topinambours. Elle en trouve au marchĂ© près de chez elle et les aime Ă  nouveau, coupĂ©s en rondelles, revenus Ă  la poĂŞle comme des patates. Et moi qui avait gardĂ© le souvenir qu’elle ne voulait plus en entendre parler… Oui, cĂ´tĂ© cuisine, la guerre est oubliĂ©e et les lĂ©gumes anciens sont vraiment top-tendance.

Post-scriptums:

P.S. 1: On trouve l’Ă©tal de Marie-ThĂ©rèse DelĂ©traz au marchĂ© de Rive, le mercredi et le samedi matin; le jeudi au marchĂ© de Plan-Les-Ouates. On peut aller faire ses courses Ă  la ferme le mercredi après-midi, au 234 A, route de Saconnex-d’Arve, Ă  Plan-Les-Ouates.

P.S. 2: Le magazine Saveurs de dĂ©cembre consacre un dossier aux lĂ©gumes oubliĂ©s avec un who’s who et des recettes: poisson grillĂ© au curry et purĂ©e de rutabaga, ragoĂ»t aux lĂ©gumes anciens…

P.S. 3: Je viens de dĂ©couvrir chez Payot, un joli p’tit livre avec des recettes faciles: “LĂ©gumes oubliĂ©s, je vous aime….”, par BĂ©atrice Vigot-LagandrĂ©, Editions Le Sureau, 2006. On y trouve par exemple des topinambours tièdes en salade, des soupes (panais, courgettes, pommes de terre, poireaux, par exemple ou topinambours-pommes de terre), des quiches, des gratins ou des saint-jacques poĂŞlĂ©es avec leur purĂ©e de vitelotte.

P.S. 4: Il y aussi quelques recettes sur le blog d’Estèbe qui est fan de cerfeuil tubĂ©reux et connaĂ®t bien Dame DelĂ©traz, comme il dit…

Une théière sur un plateau de fromage

Dimanche 8 octobre 2006

Vous oseriez proposer à vos convives un thé vert japonais, un thé de Chine fumé ou une tasse de Rooibush avec un plateau de fromage? Moi, je n’y avais même jamais pensé, tant le fromage est associé au vin et à lui seul au plus profond de notre cerveau.
Depuis quelques jours pourtant, mes papilles ont dĂ©couvert ce mĂ©lange surprenant, parfois dĂ©tonnant, parfois doux et en totale harmonie. C’était lors d’une soirĂ©e dĂ©gustation organisĂ©e durant la Semaine du goĂ»t chez Françoise Lachavanne, Ă  Confignon, dans la campagne genevoise. L’idĂ©e est partie de VĂ©ronique Gallais, la responsable du magasin de thĂ© Betjeman and Barton, Ă  Carouge. Elle organise rĂ©gulièrement des cours-dĂ©gustation de grands crus de thĂ© et adore partager sa passion pour les feuilles, bourgeons et autres brisures. Elle s’est associĂ©e Ă  Dominique Ryser, l’enthousiaste et Ă©picurien patron de la fromagerie Bruand aux Halles de Rive, Ă  Genève. Surpris au premier abord, il s’est vite laissĂ© convaincre et ils ont entraĂ®nĂ© un troisième compère dans l’aventure, le pâtissier-chocolatier David Paganel, qui leur a concoctĂ© des pains et divers petits craquants.

La soirée (11 thés s’accordent avec 11 fromages) commence en force par une association flamboyante: un morceau de gruyère vieux de 2 ans, affiné dans une cave humide, crémeux, puis salé et fort en bouche avant de laisser un goût de caramel sur le palais, est posé sur une tranche de pain au cacao qui l’adoucit. Il est accompagné d’un thé vert japonais délicat (Tamaryokucha). Le mélange prend au dépourvu, mais de l’avis général (y compris le mien), c’est génial.
Va suivre, un mélange plus doux: celui d’un fromage d’alpage des Grisons aux arômes de noisette posé sur un petit sablé au matcha, accompagné d’une tasse de thé noir de Ceylan (Dellawa). Un autre accord, fin et délicat: une tome de Buffala du Val de Travers (une autre combinaison improbable) associée à un divin thé de Chine Dian Hong (un mélange de bourgeons et un vrai coup de cœur pour moi).
Après? Deux petits macarons blancs sans sucre enserrent un morceau de fromage d’alpage valaisan, le Jeur-loz de Vouvry. Il est servi avec un Pu-er, ce thé rouge fermenté de Chine au goût terreux et à l’odeur de sous-bois mouillés (j’aime moins personnellement, mais c’est une expérience). Cela ressemble à ça:

La balade gustativo-olfactive a continué ainsi pendant plus de trois heures, menant côté fromage du Valais aux Pays basque, de France à la Grande-Bretagne via un Stilton adoucit d’un Darjeeling Okayti indien (première récolte 2006). Joli, non?

Je m’arrête? Non, je vais noter pour m’en souvenir les thés que j’ai préféré:
- un thé vert de Chine, Le Puit du Dragon (ou Lung Ching ), breuvage du matin, tonique et énergisant contrastant si bien avec un chèvre frais. Délicieux.
- un thé noir fumé chinois baptisé «Pointes blanches» aux arômes d’épicea, lui aussi accordé avec un chèvre mais vieux et sec celui-là.
- une mention spéciale pour la fameuse Tomme Fleurette de Michel Beroud, à Rougemont. Une pâte molle coulante à souhait très très bien associée avec un thé noir de Chine «Panyong Golden Needle», un thé aux arômes de caramel qui ne devient jamais amer.
- Enfin, comme digestif si j’ose dire, un thé déjà repéré lors d’une précédente dégustation: un Wulong de Mr Lin, thé bleu vert aux arômes de fruits d’automne.
Stop, je m’arrĂŞte. Un dernier regard sur les plaques de thĂ© (c’est comme cela que le thĂ© a voyagĂ© au tout dĂ©but dans les caravanes)…

Une soirée encore plus folle que celles organisées l’an dernier, lorsque Véronique Gallais s’était associée à Chantal et Bernard Lonati de la Colombière à Lully, pour créer un menu thé qui a perduré au-delà du mois de septembre et que je regrette encore de n’avoir pas goûté…

Jeunes pâtissons poêlés

Dimanche 10 septembre 2006

Balade au marchĂ© du goĂ»t Ă  Crissier qui accueillait samedi, entre forĂŞts et prĂ©s, des artisans vaudois et neuchâtelois. Pas trop de monde Ă  vrai dire pour ce prĂ©lude Ă  la semaine du goĂ»t, oĂą, au milieu des produits traditionnels, gruyère, vins, saucissons, miel, confitures (des mĂ©daillĂ©es du concours des produits du terroir), vin cuit (on trouvera la recette de la tarte Ă  la raisinĂ©e ici mĂŞme tout prochainement…), j’ai fait quelques dĂ©couvertes plus originales. Comme un petit alcool, apĂ©ro ou digestif au choix, Ă  la dent-de-lion, une recette de grand-mère remise au goĂ»t du jour, Ă  la saveur douce au premier abord, amère ensuite. Ou de la raclette au fromage de chèvre. Singulier, mais bon. Je rentre aussi avec cette recette donnĂ©e par un maraĂ®cher bio pour cuisiner les pâtissons. Vous savez, ces jolis lĂ©gumes blancs, en forme de corolle, sortes de courges surnommĂ©es «bonnets de prĂŞtre». Franchement c’est assez ça, non?

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Dialoguez avec les maraîchers

Jeudi 11 mai 2006

Au marchĂ© bio de Saint-Jean, Ă  Genève (si j’en parle souvent, c’est qu’il est Ă  cĂ´tĂ© de chez moi…), j’ai rencontrĂ© un jeune homme, jeans et long T-shirt, appareil photo autour du cou. Il s’appelle Quentin Chenevard, Ă©tudie la communication visuelle Ă  la Haute Ă©cole d’Arts AppliquĂ©s. Pour son travail de diplĂ´me, il rĂ©dige un livre de cuisine, avec Ă  la fois des recettes, des photos, des histoires et des infos sur les marchĂ©s et les produits que l’on y trouve. Ses parents sont maraĂ®chers Ă  Meinier, ils font des fruits, des lĂ©gumes, des confitures et de la viande. Son message: inciter les gens Ă  dialoguer davantage avec les maraĂ®chers et Ă  s’informer auprès d’eux sur les produits de saison. Quant au chapitre culinaire, il a mis au point des recettes « gĂ©nĂ©riques ». Je m’explique: son idĂ©e est de donner une sorte de recette de base, par exemple celle du gratin, et de laisser ensuite le lecteur libre d’utiliser les lĂ©gumes Ă  disposition sur le moment pour finir la recette Ă  sa guise. Il a promis de m’envoyer son texte en pdf…Affaire Ă  suivre donc.